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   Remarque Sur Les Sources
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   Kaboul, la clef
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 Les armes magques

   L'ours harcele
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   Deux desastres
   Epilogue
 
 
 Epilogue  
 

"L ‘impuissance euttaine It désespoir,
a ihistoice arreste que rest ía pent de lespoir a non I perte des vies
qui decide de I issue de Ia guerre."
Captain Sir Basil Liddell Hart, The Reai War 1914-1918(1930)


J e suis revenu récemment a Peshawar, j’ai pane awe chefs des partis, j’ai retrouvé des amis parmi mes anciens cempagnons darmes, et je me suis rendu a nouveau en Afghanistan. Je voulais voir par moi €fflC Ce qui était arrivé au Djihad qui avait battu les Soviétiques, mais n’avait pas Pu venir bout du régime de Najibullah. Ce fiat une visite déprimante. Les Moudjahidins de base sont déconcertes, épuisés et en colère contre les incessantes querelles politiques et militaires qui Conti fluent a saper leurs efforts centre le gouvernement de Kaboul. De mute evidence, us ont lair impuissants et beaucoup ont perdu tout espoir.

Plus je regarde en arnière, plus je repense aux évènements de ces trois dernières années, et plus je suis convaincu que rest Ia politique délibérée du gouvernement des Etats-Unis qui a fait que nous n’avons jamais Pu obtenir une victoire militaire en Afghanistan. Une fois les Soviétiques chassés, l’Amerique Se trouvait vengée du Viêt-nam ; elle ne se préoccupait plus alors que daboutir a une impasse. Les deux super puissances seront amplement satisfaites de voir Najibullah er ses gau chistes serrer Ia main des modérés dans un quelconque gouvernement de reconciliation. Mais ceci ne pourra apporter Ia paix et Ia stabilité ni en Afghanistan, ni dans les zones frontalieres du Pakistan.

On demandera aux millions de réfiigiés er aux milliers de Moudja hidins vivant au Pakistan de retourner en Afghanistan, l’aide sera réduite mais je ne Crois pas que Ia majorité dentre eux sen aille. us surpassent en nombre Ia population locale, beaucoup son armés et pour une grande partie dentre ewe Ia perspective de revenir dans leurs villages dévastés et dans leurs Champs truffés de millions de mines nest pas une proposition allechante. Le danger est que cette situation soit exploitée par les agents du KGB, du KHAD et du RAW, pour essayer de provoquer un nouveau Liban, entrainant de sérieux conflits entre je ne sais combien de factions rivales. Dans cette evenrualite, Peshawar deviendrait Beyrouth. Linde Se réjouirair certainement d’un tel état de choses.

Je crois que I premier pas accompli pour saper le Djihad fut I’Sic- tion du général Akhtar. Elle fut le fait du Président du Pakistan, mais a lmnstigation des Etats-Unis. Une fois Akhtar parti, Ic processus complet de lintrigue politique a laffaiblissement de l’effort militaire saccélérè- rent. Cest Akhtar qui avait résisté aux pressions américaines ; on I
considerait comme le champion dune victoire militaire totale et de léra- blissement dun gouvernement islamique a Kaboul. I était inflexible, ii devair donc partir. Les Etats-Unis firent pression sur Zia pour Ic chasser, en calculant I moment a Ia perfection. Cela coIncidair avec Ic sentiment du Président que Ia victoire était assurée, de sorte quit souhaitait sen
attribuer le mérite. Au méme instant, Zia voulair faire plaisir au Premier ministre, qui avait des relations tendues avec Akhtar.

Puis vint lexplosion qui détruisit tout le stock d’armes des Moudjahidins a Ojhri. Le camp était p car les Américains avaient
obtenu Ce quil voulaient du successeur, le général Gui. Aim de pouvoir ravitailler ‘Cs commandants directement, les munitions devaient être empilées dans les magasins dOjhri en beaucoup plus grandes quantités Ct pour une durée beaucoup plus tongue que par le passé. Les Américaisn avaienc toujours exigé quon laisse Ic libre passage aux Soviétiques durant ‘a période qui precederait leur rerrait. Les Moudjahidins désapprouvèrent invariablement une telle chose. Les Etats-Unis qui, cela Se comprend, sou- haitaient que rien Re vienne retarder ou arrérer I retraic sovi&ique, rEdui- sirent leurs envois darmes au Pakistan. Mais 10.000 ronnes Se trouvaient stockées a Ojhri. Un joli coup de tonnerre et dies disparaissaient. La semaine suivante, les accords étaient signés, Ia possibiliré pour les Moud- jahidins de soutenir des operations prolongées avait disparu et Ic retrait soviCtique se mettait en route sans heurts. Une coincidence opportune ?

La fourniture d’armes par Ia CIA continua a ressembler plus a un filet irrégulier qua un flot constant alors que les Soviétiques inondaient l’Afghanistan avec des armes et des Cquipements a un niveau jamais arteint auparavant. Un heureux coup de veine une fois de plus ?

Ensuire se produisit Ia catastrophe aérienne qui fit périr déliberement le Président Zia et le gCnCral Akhtar, et accidentellement lambassa- deur des Etats-Unis et son attaché militaire. Les Américains bloquèrent immediatement mute tentative pour retrouver les coupables. Ii était pro bable que le KGB ou le KHAD y étaient méiés, avec Ia compiicite de cer tains militaires palcistanais. Les découvrir eflt contrarié les plans amen ca et probablement conduit Ce que ion exige des represailles — après tout, deux bauts fonctionnaires des Etats-Unis avaient etC assassinés par un acte de sabotage. Les Etats-Unis versèrent des larmes de crocodile sun Ia mort de Zia, mais Ia vérité est quils nétalent pas raches de le voir dis paraitre. us croyaient, a tort, quil était secrètement profondamentaliste us naimaient pas son régime militaire et Ia dissolution des assemblées démocratiques us étaient inquiets des progrês de son programme nucléaine ; et us le considéraient comme un danger public dont on ne pou vait Se débarrasser par des moyens politiques.

A ‘a fin de 1988, le Pakistan, poussC par ies Etats—Unis, improvisa le gouvernement provisoire afghan. Celui-ci flit créé avant le depart des SoviCtiques d’Afghanistan et avant que Ia guerne ne fut gagnée. Son seul objectif était de détourner les Moudjahidins des luttes miiitaires au profit des luttes politiques. i était, et reste, hors de propos. Sans victoire, aucun gouvernement isiamique ne pouvait setablir a Kaboul mais dans une impasse militaire toutes sortes de compromis devenaient possibles. Cela correspondait parfaitement aux objectifs aménicains.

Vers Ia mi-fevnier 1989, les SoviCtiques sen étaient afles, a lexcep tion de queiques conseulilers militaires et de leur massif soutien logis— tique. Le rerrait sétair bien dérouié, sauf pendant une periode, en novembre 1988, lorsque les Moudjahidins menaçèrent de le stopper par leurs attaques. Mais après ceia, thiver et le manque de munitions permi rent un depart en douceur. Vint alots le fiasco de Jalalabad. L’ISI, I Pakistan, les chefs moudjahidins et leurs commanditaires de La CIA pas sèrent prématurément de la guérilla a Ia guerre classique. Les hommes er les munitions furent gaspilles sur un objecrif qui ne permettait pas de gagner Ia guerre. A Jalalabad, Ia stratCgie comme Ia tactique furent desespérCmenr defectueuses. Je crois que cet Cchec fut le coup final porte au Ojihad des origines. 11 sce Ia solution politique de compromis. Bien quit me soit difficile de I’admettre, je pense que les seuls gagnants de Ia guetre d’Afghanistan furent les Américains. us prirent leur revanche sur le Viêt—nam, us virent les SoviCtiques battus sur I terrain par des parti sans qu’ils finançaient, er its empêchèrent un gouvernement islamique de remplacer I régime communiste de Kaboul. Quant a lUnion soviCrique, même sa défaite militaite Se transfotma en un formidable succès poli tique, avec un Gorbarchev clevenant un hCros auprès de lOccident, dont Ia marionnerre préferCe, Najibullah, avait perdu sa position et dependait pour sa sutvie de laide sovietique.

Le perdant est sans aucun doute le peuple dAfghanistan. Ce sont s foyers qul ne sont plus que des decombres, sa terre et ses champs qui ont été brülés et infestes de millions de mines, Ce sent los mans, les péres et les fits qul ont pen dans une guerre qui était presque, et qui aurait dG étre gagnée.