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 L'ours attaque
 

Cet animal est tres mechant ;il se defend  lorsqu 'on l'attaque

Le haut commandement soviétique était extr sensible aux acrivités des Moudjahidins dans les provinces frontalières orientales de Kunar, Nangarhar c Paktia. Au Pakistan, juste de l’autre côté de Ia frontière, se trouvaient les bases avancées cie fournitures des Moudjahidins, les inscallacions dentrainement et de nombreux camps de réfugiés. De cette zone Se deversait en Afghanistan une masse darmes et de munitions en ma flot continu de caravanes, ou de trains danimaux de Mt s déplaçant le long des sentiers et des chemins a travers Ia mon tagne. Limportance stratégique des deux côtés de cette zone fro de Barikoc au nord jusquà Urgun au sud, est illustrée par Ia carte n 1.

Une route importante a de Kaboul a Peshawar via Jalalabad par I col de Khyber. Pour les Soviériques, Jalalabad était une yule-clef. Touces tes routes, pistes et vatlées de La frontiere convergeaient sur Jalalabad. U se trouvait 1érat-major de Ia 1 Division afghane, du 6 regiment motorisé soviétique, un bataillon Spetsnaz, plus Ia i em Brigade de fronriere afghane. A Asadabad, a mi-chemin de Ia vallée Kunar vers nord Se trouvait une autre division af k 9 avec Un second bataillon Spetsnaz un peu plus haut, a Asmar (Carte a° 11). Torkham Ctait lextrémité afghane du cal de Khyber, surplombé par un haut promon wire nommé Shamshadsar occupe par les Afghans. Une nuit du debut de 1984, on me réveilla pour mannoncer que Shamshadsar était rombé aux mains des Moudjahidins er q coarre-attaque soviéto-afghane navait pas réussi a les en déloger. 11 apparaissait que les Afghans avaient soumis tin ultimatum au paste frontière pakistanais disant quits bombarderaient Ia population civile pakistanaise rant sue les Moudjahidins ne Se seraienr pas retires. Tout cela avair déckenche une panique considerable. Les Moudjahidins refhsaient de bouger rant qu’ils n’auraient pas reçu dins- tructions du g Akhtar, qui Se trouvait a Karachi. Le gouverneur de Ia province était fiirieux et sétait plaint au Président Zia. Le résultat flit que je dus my rendre, a conrre-crur, pourobtenir Ic rerrair des Moudja- hidins. Jy réussis en fin de compte, mais par Ia suite, le Président inrerdit route artaque moudjahid a moms de 10 kilomèrres de Torkham, ou de Chaman, sur I col de Khojak menant au Balouchistan.

La sensibilité des Soviétiques était également aiguë en Ce qui concernait Ia pCninsule du “Bec de perroquer”, qui prenait a revers en même temps Jalalabad par I nord et Khost par le sud. Les dépôts moud- jahidins concentrés dans cerre zone Ctaient plus près de Kaboul que lune ou I’aurre de ces deux villes afghanes. Nous consacrions 40 pour cent de nos fournitures a leffort de guerre exc de Ia guérilla de cette zone autour de Parachinar. Le barrage qui devait arrêrer le torrent érait Ia gar- nison afghane de All KheI a 12 Icilomèrres de Ia fronrière.

La yule de Khost avair Ia même importance que Jalalabad, mais au sud du Bec de Perroquer”. Sa garnison, dépendant de Ia 25 Division afghane et de Ia 2 Brigade de frontiere, érait responsable du maintien en place des petits posres frontaliers sirués en face de Miram Shah an Pakistan. Par Miram Shah passait une autre branche de notre pipeline de ravitaillement, charriant Un bon 20 pour cent des besoins en armes des Moudjahidins.

La stratégie soviétique des frontières était basée sur I maintien tout près du Pakistan dune multitude de postes, grands ou petits. ils avaient pour mission de bloquer Ia ftontiêre et dinterdire nos routes de ravitaille-ment. CCtait un peu comme quelqu’un voulant empecher un énorme robinet de couler en le bouchant avec sa main. Tout au long de Ia guerre, Ia majoriré de ces petites garnisons flirent au moms partiellement assié- gées et, souvent m certains petits posres succombèrent a une attaque. Ces provinces orientales virent quelques-uns des combats ies plus f de ‘a campagne, avec a maintes reprises des batailles ressemblant a celles de La guerre conventionnelle. En ta avec I recul, on peut penser que ces petites villes et ces petirs postes dEtournaient probablement beaucoup trop nos efforts de Kaboul et daurres objectifs de guerilla plus intCres- sants. II Etait rernant dessayer de prendre les garnisons isolCes qui bor- daient Ia fronriere. Elles Eraienr proches de nos bases principales, avec rous ‘Cs avantages que cela représentait il nCtait pas bien difficile dobrenir de petics succès et les commandants pouvaient être certains que leurs vic- roires seraient reconnues. Le butin et Ia publicite étaient les rCcompenses de quelques triomphes comparativement faciles et peu risqués.

En rermes strictement mititaires, un fort isoié noifre tie bSéfice que sil rerient davanrage d’ennemis pour 1’ass que nen comporre sa propre garnison, ou bien sit menace une ligne d’approvisionnement en obligeant lennemi a employer une imporranre force descone pour empê cher fes incursions. Vu sous cet aspect, peut-ërre que les efforts continus Ct coüteux des Soviériques cc des Afghans pour Inaintenir en place ces postes avalent une certaine valeur. I est certain qu’ils fixalent un grand nombre de Moudjahidins. Les deux meilleurs erempks en sour les gar Sons de All Khel et de Khost, qul fluent tomes deux continuellement assiégées depuis le debut tie La guerre. A chaque ftis, ces opSations ocales, avec des Moudjahidins concentrant pres de 5.000 combattants accifs, coupant tes approvisionnements des garnisons, se saisissant des postes écartés et menaçanr d’occuper Ia ville alternajent aver I riposte vigoureuse soviCto-afghane pour rompre l’investissernent. Ceite-ci était généralemenr couronnée de succès, its Moudjahidins disparaissanr clans les rnontagnes bordant La frontiere Ct ne revenant que (orsque les colonnes ennemies s’&aienr retirees. En 1983, i sembla pendant un moment que Khost allait tomber. A La fin du mois daout, La situation Crane critique, I régime tie Kaboul envoya par hClicoptère Ia 37 Brigade de commandos du colonel Shahnawaz Tani. Cela nous força a nous re après de durs combats. En ocrobre, les commandos Craienc tie recour a Kaboul et nous étions a nouveau sur place.

En 1985, les chefs de parti et i commandants les plus haur-placês décidêrent que Khost devait tomber ; une offensive importante tht misc sur pied dans Ce but. Prendre dassaur tine yule bien défendue conime Khost nétait pas tout-a-fait une Uche ala portée de partisans. It fallait ía cooperation de deux pa au moths et de leurs commandants pour mobiliser suffisamment d’hommes. Même ainsi, I ratio mititairement souhairable de 3 coorre 1 en faveur des attaquanes ne put &re arteint. Si Ion ajoute a cela Ic fait que ‘Cs Moudjahidins étaient exposés aux arraques aCriennes cc Ia riposte massive probable soviEro-afghane que cela allait provoquer, i est clair quune telle attaque était déraisonnable.

Je tins a Peshawar tine réunkrn pour discuter des difiucuirés, Une action combin& entre tes partis de Khalis et tie Gailani devait être misC au point, Jaiaiuddin 1-laqqani, in celebre commandant de Khalcis, devant jonet le rGk principal, de sa base de Zhawar si tie tautre côté de La frontière a 6 kilometres seulemenr tie Miram Shah en a 20 kilomètres at, sud de Khost. Je constatai que Gaitani nétait pas prêt, tandis que Khalis me pressait de donner I signa cc de fournir les armes lourdes a ies muni tions nécessaires. Bien que feusse quelques craintes, javais auparavant décidé d’apporrer rout mon soucien a cetre operation a condition que les commandants montent une attaque coordonnée suivant un plan tactique sai Jetais résolu a me rendre moi-mêrne en Mghanistan pour coordonner lattaque et a envoyer plusieurs quipes de conseiliers pakistanais auprês de divers commandants. La carte a° 14 monrre Ia situation tactique.

Khost est entour do montagnes dans lesquelles Se trouvalent les Moud La yule était ceinturéc par une série de postes de defense et de champs tie mines, nec ‘ imporranre garnison a Tani. Les Moud jahidins &aient particulièrement forts au sud et au sud-est de La yule, avec des postes avancés donnant sur La plaine le long do Ia ligne montrée st Ia carte. Le seu endroit quils noccupaient pas, parce quil létait par )errnemi, écaic Torgath. Cette arête monragneuse Se trouve 9 kilo metres environ do Khost, sa face nord faisant une boucle a 4 Icilometres dun terrain datterrissage totalement a découvert. En fair, cette piste était rarement utilisee par les Afghans car nous pouvions La tenir sous none feu tellemenr facilement quils preferaienc souvent recourir aux parachutages du ravitaillement. Torgarh &ait, en termes militaires, un terrain essentiel pour toute force voulant défendre ou attaquer Khost.

Jexpliquai aux commandants rassemblés que Ia premiere phase de toute arraque contre Khosr devair être Ia prise de Torgarh durant Ia nuit. A ma consternation, us voulaient tous tine attaque de jour. Pendant des heures, j’essayai de les convaincre que cétait uno folio, que les Moudja bidins seralent exposés de puissants tirs dartitlerie et a des attaques par sir, longtemps avant do pouvoir seulement arteindre Torgarh. Le princi pal commandant, Haqqani, ne voulait pas en dérnordre. Je tentai dobte nit le soutien de l’ex-colonel Wardaic, le représentant militaire du patti de Gailani, mais j’échouai car, pour des raisons politiques, i ne voulait pas sopposer a J-laqqani. Les arguments dJ-Jaqqani étaienr quen plein jour chacun ferait de son miew personne ne voudrait reculet en presence de ses camarades, alors que do nuit personne ne coopérerait et chacun accuserait I’autre do I’€chec. It pensait que les commandants Re raieut exercer Jour autoritC queL pleth jour. I m’assura clu succès et accepta personnellement l’entiète responsabilité de l’opération.

A La fin dune journée de discussions stériles, je dis a Haqqani J t suis pas prêt a partkiper 1 c p/an gui j ‘en suis certain, V non seuie rnent Echouer, n,ais entralnera des perces sEvères. Je retirai lassistance des conseillers pakistanais rnais je me laissai flechir un peu plus tard et permis a dew’ équipes de participer.

Le depart de l’attaque de Torgarh était prévu pour 10 heures (heure 1-1), mais les retards inCvitables Lirent quil était midi Lorsque les Moudjahidins Se mirent en marche. Ainsi que je lavais prévu, l’attaque fut maiheureusement brisée par un feu concentrd. Les Moudjahidins souf frirent de nombreuses pertes inutiles. Apres Ia rombee de Ia nuit, on pro gressa quelgue peu sur les pentes de Torgarh, mais a part Ia prise de quelques bunkers, le résultat fut maigre. Vers minuit, us en eurent assez et se retirèrent, en emportant avec eux leurs morn et leurs blesses.

Deux semaines plus tard, Haqqani vint s’excuser auprès de moi d’avoir fait £ de mon avis. 11 admit son erreur et par Ia méme occasion me demanda avec insistance de lui allouer d’autres armes et munitions. 11 voulait faire une autre tentative — de nuit. Mais entre-temps, les posi tions afghanes sur Torgarh avaient éré renforcées. Je mopposai a une nouvelle tentative. Renouveler un échec n’a jamais etC une taaique miii taire raisonnable.

Ma prediction qu’une attaque dune telle envergure provoquerait des reprCsailles d’autant plus fortes Se revela égatement justifiCe. Le 20 aoüt, lennemi iança sa seconde offensive de 1985 sur lest, mettant en ligne 20.000 hommes. Une sCrie de mouvements en tenailles (montrCs sur La carte n° 15), visèrent a refouler les Moudjahidins de leurs bastions louest du Bec de Perroquet, autour d’Azra, Mi Khel et Khost. Partant de cette dernière, ‘cur intention Ctait Lgalement de faire mouvement vers le sud jusquà Ia frontiere et de dCtruire Ia base de Zhawar. Lencercle ment par helicopteres fut employC intensivement, particulierement autour de Azra. On utilisa jusqu’i neuf zones datterrissages pour me en position un cordon d’unitCs aéroportCes soviétiques autour des bases des partisans ou des villages. 11 en fut de même a A Khel, oü les atta quants mirent Ia main sur plusieurs caches darmes lCgères et infligerent des pertes aux Moudjahidins.

La poussCe de Khosc vers Zhawar, via Tani, fut egalement préoccu pante. En fait, toute offensive importante venant dAli Khel, ou vers Zhawar er le Pakistan, provoquait toujours des cris dalarmes, autanr chez les poliriciens que chez les militaires dIslamabad. Si les Soviétiques envi— sageaienr des incursions au Pakistan, cest par ces deux routes quils y pCnètreraient. Immédiatement a linterieur du territoire pakistanais I vaste pic montagneux de Peiwar Kotal dominait autant les abords de l’Afghanistan que toute Ia vallée du Kurram, vers Parachinar et au-delà. Perdre ces hauteurs signifierait que nos defenses frontalieres seraient per cCes. Je peux attester que durant ces mois dinrense activitC et de coups de sonde vets Ia fronrière Iarmée pakistanaise des provinces du nord Quest fut constamment en Crat d’alerre et déploya ses unites en avant pour preparer leurs positions—au cas oü.

lien que nous ayons ét forces de lever le siege de Rhost cause de Ia contre-atraque ennemie, Zhawar ne tomba pas. En fait, les Afghans ne purent progresser veTs le sud au-dela de Tani grace La résistance coura geuse C habile menéc par les forces moudjahidins operant dans Ja zone de Zhawar. Nous fQmes quelque pen handicapés par labsence de nombreux commandants, Haqqani inclus, qui étaient partis pour le 1-Iadj (pélerinage a La Mecque). Le second d’Haqqani trouva Ia mort comrne Chahid (mar tyr) au cours des combats Ce flit une course serree. Les forces soviéto afghanes demontrèrent que leurs tactiques et leurs techniques sétaient amé1iorêe queues &aient capables de pénétrer dans des zones réputées depuis longremps inaccessibles et queues pouvaient arriver tout près de Ia frontière et y détruire nos bases le sort de toute notre campagne aurait Pu se trouver en peril. Je decidai de faire en sorte que toute tentative future soit a nouveau repoussee.

Tout au long de l’année 1985, je fis un profond examen de con science, me demandant si ma strategic générale Salt appropriée. Nos efforts pour tenir lennemi a I’ecart des zones frontalières semblaient avoir Se yams, nous avions subi des pertes, forte tentative pour prendre Khost avait éte sévèrement mise en défaut er le haut commandement soviétique avait, semble-t-il, pris liniriative. Je passai de longues heures devant La carte de lAfghanistan, pesant et minterrogeant pour savoir comment poursuivre an mieux Ia guerre. Jen conclus que les Sovietiques ne nous avalent pas inflige de défaite sérieuse sur le terrain en réalite, les enga gements sur Ia frontière, bien quintenses, navaient pas S décisifs. Je cro que lennemi avait lance ses offensives dans lintention de desserrer letreinte quelque part en Afghanistan, particulièrement autour de Kaboul, er que cétait son premier objectiflorsquiI essayait de perturber et de détruire nos bases au sud et a lest dAli Khei et de Zhawar. Je sen tais que notre stratégie fondamentale nétait pas erronée en fait, j’étais certain qua cause de nos efforts croissants autour de Kaboul, et dans le nord sur les fives de I’Amu, nous devions nous attendre a cc que les forces soviéto-afghanes frappent a nouveau nos bastions frontaliers. Ce serait le signe que nous réussissions quelque part ailleurs. A ce propos, je pris une decision ponvant être controversée. Je décidai que, quelles que soient les futures tentatives pour prendre nos bases dAli Khel ou de Zhawar, celles-ci seralent défendues, que nous ne nous retirerions pas au Pakistan, mais que nons tiendrions nos positions en menant un combat conven tionnel d Cétait aller contre les principes habituels de La guerre de partisans. Certains de mes collaborateurs pensalent que je commettais une erreur de jugement, que saccrocher au terrain devant des forces supé rienres qui possédaient lentiere maitrise de lair était tactiquement mal fondé et conduirait a une defaite assortie de pertes sévères. Je comprenais Ia sagesse de leurs propos mais jétais convaincu que dantres facteurs pré valaient sur leurs arguments. La guerre est un art, pas une science.

Tout dabord, je percevais quavec 60 pour cent de nos fiunritures transitant par ces deux bases avancées, nous ne pouvions justement pas nous permettre de les perdre. Elles constituaient des étapes essentielles pour Ia campagne tout entière. Si elles éraient occupées, pour une duree quelconque, par l’ennemi, dont les forces Se trouveraient pratiquement sur Ia frontiere, ii bloquerait effectivement notre principale artère logis— tique pour alimenter Ia guerre. Ces zones éraient vitales pour nous et méritalent donc une defense obstinee.

Etablir des points dappui le long de cette frontière servirait damortisseur en cas d’escalade de Ia guerre. Dans 1hypothese o les Sovietiques envahiraient le Pakistan, les troupes terrestres emprunre talent sans aucun doute ces deux routes. Les positions d moudja hidins freineraient alors leur avance, leur causeraient des pates et gagne ralent du temps afin que I’armee pakisranaise puisse achever son deplolement et acheminer des renforts.

Finalement, decider d’adopter ces mesures nous prit trois mois, a lissue desquets le général Akhtar et le Président Zia donnèrent tous deux leur accord. Cest avec I’approbation du Président que je me rendis dans ‘Cs zones dAli Khel et de Zhawar, en septembre-octobre 1985, pour mettre en place les préparatif de defense destinés a convertir ces bases en bastions defensifs.

Mon premier voyage me mena a All Khel, en compagnie des membres du Comité militaire des partis d’Hekmatyar et de Saya qul assumaient Ia responsabiliré des travaux dans cette zone. Je voulais avoir une vue precise dAli Khel er des postes ennemis environnants j’ernme nai donc une reconnaissance jusquà une crete située a 2 kilomètres du village. Un peu plus tard, nous reculames jusqu’a un poste dobservation, 4 kilometres plus loin, pour assister a une demonstration de Ia puissance de feu des Moudjahidins, prévue pour 16 h. Cela laissait trop peu de temps aux helicoptères pour decoller de Kaboul ou de Jalalabad et fondre sur nous avant I crépuscule. Je fus favorablement impressionné. Un deluge de plus de 1.000 coups de lance-roquettes de 107 mm, de mor tiers de 82 mm et de canons sans recul s’abattit sur All Khel et ses defenses durant deux heures. La riposte ne hit pas impressionnante, les salves de contre-batterie ennemies tombant très loin de nos emplace ments cit tir, lobus le plus proche de ma position, dcii nous ajustions le tir, sabattant a plus de 500 metres.

Cette nuit-là, de retour dans un bunker a Ia base de Sayaf, je his témoin de deux exemples rév de ihospitalité des Moudjahidins sur le terrain. Quelques commandants locaux écartèrent mes trois soldats pakistanais descorte pour prendre eux-méme leur tour de garde en sentinelle devant men abri. De façon un peu irréfléchie, javais demandé a un de mes soldats de mapporter un seau d’eau chaude dans Ia matinée. Il ny avait pas un seul seau dans toute Ia base. I ny avait qu’un jerrycan en plastique quils remplirent laborleusement en faisant chauffer sans arrêt une bouilloire d’eau sur un feu a l’extérieur. Je me trouvai honteux ce matin-là Iorsque je realisai que j’étais ‘a seule personne sur une centai ne a me layer avec de I’eau chaude.

Nous passâmes une seconde journée en reconnaissance dans un poste d’observation avancé. A nouveau, nous organisâmes un bombardement au LRTM des positions dAli KheI. Ii fin suivi par une pause d peu près une demi-heure pour que lennemi, abuse, pense quit était terminé. Des que nous aperçümes des mouvements, nous ouvrimes I feu a nouveau sans discontinuer jusqu’à Ia tombS de Ia nuit. De retour a Ia base, je ten- contrai I professeur Sayaf avec quelques-uns de ses commandants de Kaboul. II tenait absotument a cc que son paid soit seul responsable de Ia defense; jeus beaucoup de difficultés ale persuader du contraire. Nous pass Ic jour suivant en tournCe dans Ia zone et a discuter avec tes commandants de Ia meilleure manière de repousser une artaque. Nous delimitâmes les emplacements des champs de mines nous flxames les positions des canons antiaériens, des mitrailleuses, des canons sans recut et des mortiers, de façon a protéger ‘Cs abords nous identifiâmes les aires d’atterrissage possible des hélicopteres afin de les miner et de metrre en place des armes lourdes pour tes battre de leur feu.

J’insistai sur Ic besoin urgent de tranchées de communication et de trous ou de bunkers pour toutes les armes afin de les protéger du danger aCrien. 11 y avair beaucoup a faire et j’espérais seulemenr que les comman- darns inciteraient vivement leurs hommes a agir. Je leur donnai deux mois pour achever Ia besogne, avec Ia promesse darmes lourdes suppl mentaires en guise d’incitation.

Je suppose que jen attendais trop. Mes officiers passèrent un temps considerable a apponer assistance et a verifier les progrès, mais a Ia fin des deux mois les partis reclamerent davantage de remps. Je revins en Afghanistan pour me rendre compte par moi-même. Cétait dCcevant. Même en tenant compte du peu dentrain des Moudjahidins pour creuser des defenses et de leur repugnance a tenir des positions statiques, je fi..s interieurement exaspéré par Ce que vis. Les tranchées navaienr pas etC creusées, tes positions dartillerie étaient exposCes sans aucun camouflage convenable, les tentes étaient ostensiblement dressées tout près des posi- dons avancées et aucune protection antiaérienne nexistait nulle part. Par contraste avec tes positions avancées, nix certain nombre de tunnels avaient été construirs pour abrirer ‘Cs étars-majors er les installations adrninistratives. Je fus contraint de debtojuer quelques arrnes lourdes, mais a Ia condition que toutes les defenses seraienc considérablement amCliorées avant dallouer I solde.

La situation était identique Zhawar. Les Moudjahidins tra vaillaient d’arrache-pied a creuser avec des bulldozers et des explosifs pour consrruire sept tunnels sur I paroi dun vaste oued asseche. us avaient prtvu un abri pour une rnosquée, m garage, une armurerie, un petit poste de secours, une station de radio, one cuisine, an mess et des magasins. Un sCnérateur produisait tin courant pour ie tunnel do poste de secours, de Ia mosquée et du mess. On pouvair méme voir des films video sur It base. Certe rkhe avait prioriré sur les travaux de defense face lennemi, Les partis er les commandants étaient impatients de possCder une attraction sensationnelle a faire visiter aux journalistes. Le fait que Ia précédente tentative pour atteindre Zhawar en septembre n’ait pas abouti leur donnait une fausse sensation de securité.

La carte n’ 16 donne une idée d système de defenses Lors de Ia bataille tie Zhawar, qui cur lieu en avid 1986. Zha’war Ctait no vasre centre administratiL Cest de là que ion organisait et dirigeait les opta tions contre Khost c’Ctair un centre dentraInement sur les armes Iégeres cc lourdes pour les recrues moudjahidins c’était Un lieu privilégié, consi dérC comme une zone libêree, o s’étair Ctabli une sorte de mini-gouver nement, o Se tenaieot des tribunaux, des d et ott ton recevait les journalistes. Le commandant principal y Ctait 1-laqqani, grand quin quagénaire a La barbe noire, du parti de Khalis, bien qu’Hekmacyar, Nabi et Gailani aient aussi des commandants dans Ic voisinage. 1-laqqani avait eutte quarante et cinquante subordonnes sous S direction, avec sans doute 10.000 Moudjahidins éparpitles sur Ia zone frontaliere entre A Khel Zhawa La carte montre Ia li tie defense avancée tie Zhawar, suivant les cootreforts des montagnes jusqu’à 10 ki de Ia fronti mais il avait aussi des groupes écartés plus petits dans Ia plaine de Khost.

Les defenses antiaériennes dépendalent de trois canons Oeriikon, de rnicrailleuses de 12.7 et 14.5 mm et de missiles portables SA- qui se trouvaient souvent jusqu’?s 7 kilomètres en avant de Zhawar. Les routes d’acc possibles de blindés ou dinfanterie étaient protégées par des champs de mines antichars, des mortiers, des canons sans recul et des RPG. Certa posidons éta rellécs par réléphone Cu talkie-wa ThCoriquement, Ia responsabilité de La defense inconibait a Haqqani, mais en pratique, les commandants menaient individuellement leur propre combat, l-Iaqqani s’efforçant de coordonner le soutien logistique. Les positions des armes indiquées sur La carte ne sont pas très précises, mais elle donnent une idée de leur agencement et de leur type.

400 hommes, environ, assuraient Ia protection rapprochee de Ia base de Zhawar eIle-même, ou les travaux de soutien administrarif dans les tunnels ou aux abords. Là se trouvait également Ic quartier-géneral d’l-Iaqqani. Ces Moudjahidins vivaient dans les tunnels, ou aux environs, tandis que ceux qui Se trouvaient dans les positions avancées vivaient, mangeaient et dormaient a leur poste. La preparation des repas était sou vent centraliséc, Si les operations le permettaient its étaient méme par- lois cuisines au Pakistan et transportés jusquaux commandants. Une fois I combat engage, chacun survivait avec Ce qu’iI avait emporté.

Bien que Ce flirent les Soviétiques qui supervisèrent lattaque sur Zhawar, us n’engagèrent qu’un regiment d’assaut soviétique de Ia bY Division de Darulaman, le reste des 12.000 hommes rassembles pour loffensive étant des Afghans. Le controle tactique devait être exercé par I’état-major du Major-genera) Shahnawaz Tani, qui devait quatre ans plus tard en tant que ministre de Ia defense tenter un coup d’etat contre ie régime de Kaboul, puis senfuir rejoindre les Moudjahidins. Le com mandant de l’armee afghane sur le terrain était lad joint de Tani, un offi cier ralentueux dorigine Baluchi, le brigatherAbdol Gafur.

Lob jectif sovieto-afghan étair de detruire l’infrastructure des parti sans autour de Zhawar, doccuper Ia zone et de barrer cette importante route de ravitaillement moudjahidin (voir carte n° 17). C’était une entre prise ambitieuse. II était certain que cette operation allait rencontrer une dure résistance car les Moudjahidins pouvaient recevoir rapidement des renforts venant du Pakistan. La garnison de Khost, avec Ia 2 Division a Ia 2C Brigade de frontiere, ne pouvait pas Se permettre une mission de cette ampleur. Khost pouvair fournir un excellent tremplin mais le gros des troupes devaient venir d’ailleurs. Avec un remarquable travail d’etat major, Gaflir employa I mois de mars rassembler sa force dattaque.Des unites des 7 et SC Divisions de Kaboul, de Ia 12 de Gardez et de Ia 1 de Ghazni furent concentrees a Khost. Trois bataillons (1.500 hommes) de Ia 37 Brigade de commandos et Ic regiment d’assaut sovié cique (2200 hommes) fürent rransportés par air, comme let de lance de loffensive dans La region montagneuse. Lopération entière devait avoir lombrelle aérienne habituelle, le soutien de l’artillerie et des lance roquettes, de même quune foule dhélicopteres de transport et dassaut. Le fàit même que ‘Cs Afghans soient capables de mertre sur pied une opé ration de cette envergure montrait a levidence combien ils avaient récupéré leur competence militaire. Une telle entreprise eut etC impen sable trois ans plus tôt.

Lavance débuta avec les derniers frimas, dans Ia premiere semaine davril, menée par les commandos soviCtiques et afghans heliportCs sous Ia couverrure dattaques aériennes et de lartillerie. Les colonnes terrestres Se rrouvèrent immédiatement sous Ic feu des poches moudjahidins, au sud de Khost er aux environs de Tani, qui les forcèrent a ralentir considé rablement. Au sud de Tani, lopération piétina durant plusieurs jours car les elements de tête Se heurterent a une sévère résistance venant des man tagnes au nord de Zhawar en outre, des groupes de Moudjahidins pilon naienc Le terrain daviarion de Khosr avec des cenraines de roquetres de 107 mm, pour perturber les sorties des helicoptères. La seconde phase demandait a être repensée et réorganisée, de sorte que Gafur Lit une pause juSqu’au 11 avril.

Son dernier plan envisagealt une utilisarion audacieuse des com mandos héliportCs pout semparer par un coup de main dune position dominance proche de Ia base de Zhawar, lusage intensif de Ia puissance aerienne pour détruire les positions moudjahidins et l’emploi des forces terrestres pour &ire Ia jonction avec les commandos et liquider Ce qui res terait encore.

Pendant dix jours, Gafur lutta furieusement pour progresser de Tani a Zhawar, dix jours de combats acharnes au cours desquels Ia résis tance moudjahid fur sévèremenr pilonnee, mais oü les Moudjahidins prouvèrenr qu’ils pouvaient saccrocher a leur terrain méme dans des cir constances défavorables. Leur plus remarquable succès durant cette bataille flit Ia destruction complete dun bataillon de Ia 37 Brigade de commandos, qui devait deposer des troupes derriere les positions moud jahidins, suivant le plan de Gafur. En l’occurrence, ils firent une grossière erreur de calcul en choisissant comme zone datterrissage un plateau dégagé proche de Ia base mais qui Se trouvait a portCe dun terrain surCle ye tenu par quelques hommes d’Haqqani et d’Hekmacyar. En plein jour, plus de dix helicopteres vinrent en plusieurs vagues déposer tes 400 hommes des commandos. Au fur er a mesure quits survolaient La zone, ils rencontraient un barrage de SA-7 et de mitrailleuses lourdes. Trois helicoptères fürent abattus tandis que les autres vomissaient leurs troupes sous un intense feu croisé des deux positions moudjahidins. En terrain dCcouvert, les commandos furent sévèrement mis en pièces et dCmorali sés. A Ia tombCe de Ia nuit, il ne restait plus rien de cc bacaillon tous avaient Cte cues ou flits prisonniers. Si nous avions eu des missiles Stinger, je doute quaucun helicoptere alt pu se'chapper.

Du 11 au 22 avril, Zhawar flit isolée du resce de La zone par les tirs d’artillerie et les atcaques aériennes. L’espace aérien pakistanais fut violé sans arrêt car les avions ennemis survolaient le territoire dans leur virage avant de bombarder leurs objectifs. Certains dentre eux utilisèrent des bombes guidées par laser pour ameliorer leur precision afin clatteindre les tunnels de Zhawar. Un coup direct stir un tunnel provoqua son effon drement, écrasant nombre de ses occupants, y compris Haqqani qui fut blesse mais sen sort it. De retour Rawalpindi, je reçus des appels fréné tiques des partis me demandant de faire quelque chose pour acténuer le deluge de roquettes et de bombes qul sabattait du ha des airs. En désespoir de cause, j’avisai le general Akhtar que je me proposais de faire appel a des volontaires pakistanais de mon personnel pour les envoyer Zhawar avec des missiles Blowpipe. Mon colonel de La logistique, qui avait servi dans lartillerie antiaérienne, offrit ses services. Plusieurs autres officiers devaient l’accompagner, y compris un jeune capitaine. Le général Akhcar donna son accord et l fut expédiee a toute vitesse vets Ia frontiere. Ils furent a Zhawar dans les 24 heures.

D très bonne heure, léquipe des Blowpipe grimpa au sommet dun promontoire des environs pour Se mettle en place pour Ia partie de chasse. Celle-ci allait se transformer en cit aux pigeons dans lequel cétaienr les pigeons qui gagnaient. I leur cachette sur Ia colline, us avaient une vue magnifique sur les avions ennemis pendant quils viraient, pLongeaient et grimpaient a nouveau au cours de leurs passes pour micrailler nos defenses. Le premier Blowpipe vrombit majestueuse ment en grimpant, mais passa a côté de sa cible. A partir de ce moment, lemplacement de tir avait été repéré. En quelques minutes, le colonel fut légerement blessé et plusieurs Moudjahidins touches, mais I capitaine continua a faire feu. Treize missiles furent tires au total avant qu’un coup direct ne blesse le capitaine et son lieutenant, want plusieurs hommes proximité. Aucun missile navait atteint un seul avion. Pout moi, c’étair La preuve definitive que ce système darmes ne valait rien sur le terrain. Nous disions cela depuis le debut, mais maintenant U nous lâchait all moment critique dun combat désespéré. Un officier dartillerie britan nique, qui avait vu le Blowpipe en action au cours de Ia guetre des Falkiand, minimisait ses piètres performances en disant que, du moms, elle effrayait les pilotes en les forçant a virer pour sécarter, ce qui procé geait le tireur. Nous n’en avions pas l’expérience mais, en tout état de cause, ce quil nous fallait cétait les descendre ec non les effrayer.

Sur l’ordre de mon colonel, notre équipe f évacuée vets un hopi tal militaire all Pakistan. Quelques semaines plus tard, je demandai all capitaine pourquoi il n’avait pas change de position de cir, a parcir du moment oü ii avait éÉé localisé par lennemi. Comme nous I savions tous les deux, cétait Ia seule Chose a faire. Sa réponse fut intéressante. TI avait pe que se déplacer aurait entache sa reputation de courage aux ycux des Moudjahidins qui se trouvalent autour de lui. Ceux-ci ne manifes taient aucune intention de quitter l’endroit, us voulaient tenir Leur posi tion sous le feu ennemi, et Ic jeune officier pensa que Ihonneur de l’armee pakistanaise était en jeu, aussi demeura-t-il sur place jusqu’au moment oü i fut touche. Ii flit decoré plus tard par Ic Président.

Haqqani étant hors de combat, it y avait encore moms de coordina tion dans Ia defense et j’étais alarmé par les rapports contradictoires CE inqulétants qul me parvenaient journellement. J’insistai auprès du géné ral Akhtar pour quil me permit de me rendre sur place, mais II refusa. Entre-temps, je fis le nécessaire pour que tous les représentants militaires des pan is aillent personneltement a Zhawar pour organiser les operations destinées a frapper lennemi sur ses arrières et sur le terrain d’aviation de Khosr. On peut juger de la ferocite des combats par le fait que nos canons antiaériens avaient tellement tire que nombre de leurs tubes écaient hors d’usage, et qu’iI y avait des cas de combats au corps a corps.

Je plaidal ‘a nouveau auprès du général Akhtar pour qu’il me laisse all moms alter jusqu’i Ia fronrière, car je pensais que ma presence, proche des combats, aurait une influence rassurante et que, de la-bas, je pourrais coordonner Certaines actions. Apres tout, lennemi se trouvait désormais a moms de 3 lcilometres du Pakistan, et d’apres ce que nous en savions, Il pourrait bien franchir Ia frontiere. Sur ma promesse de ne pas m’aventu rer en Afghanistan, il me laissa aller. Zhawar tomba le jour oti jatteignis Miram Shah. Les commandos soviétiques et afghans s’emparèrent des tunnels et entreprirent ‘a destruction de Ia base. Les Moudjahidins avalent Cté repoussés au cours de quetques-uns des combats les plus durs de Ia guerre, qui tes avaient vus se servir de toutes tes armes de leur arse nal, y compris de plusicurs chars quils avaient captures.

A Miram Shah, je rencontrai Hekmatyar et Khalis qui sétaient rendus ‘a Ia fronti pour ies mêmes raisons que moi. Les nouvelles étaient mauvaises mais un grand nombre de Moudjahidins Se trouvalent encore sur les licux et toutes les bases navaient pas été perdues. Hek matyar fut d’accord pour emmener cette nuit-Ià des renforts pour assurer Ia sécurite de sa base. Aim dessayer de me rendre compte de Ia situation exacte, je me rendis a une position avantageuse d’oü je pouvais observer les mouvements ennemis amour de Zhawar. Je regardai Iongtemps avec soin par mes binoculaires mais ne vis rien. II ny avait pas dennemis a Zhawar. Je revins ‘a ‘a hke et parlai a Haqqani, qui était en train de Se retablir, lui expliquant que Zhawar paraissait inoccupée. 1! ordonna I un commandant dy emmener une patrouille durant Ia nuit.

Cette nuit-Ià, ‘assistai I un impressionnant barrage de roquettes de 107 mm dressé par les hommes d’Hekmatyar Cr visant les arrières suppo- ses de l’ennemi. Dautres s’y joignirent, conflrmant que les Moudjahidins Ctaient loin d’être battus. Le jour suivant, nous eümes confirmation que lennemi sCtait retire. Dans les 48 heures, Zhawar fiat de nouveau entre nos mains.

Le régime de Kaboul c une grande victoire. Selon les bulk- tins radio, des centaines dabris et de fortifications moudjahidins avaient Cté dCtruits des millers darmes et de mines avaient été saisies, ainsi que des millions de cartouches. Suivant leur dCcompre, nous avions perdu 2.000 tuCs et 4000 blesses. Dire que cette propagande approchait de Ia vérité serait un sérieux euphémisme. Les pertes moudjahidins a Zhawar ne dépasserent pas 300 tués, avec quelques chargements darmes et de munitions, then que Ia base de Zhawar soft tombCe, dautres points forts ne furent pas pris et au bout de quelques heures, l’ennemi se retira stir Khost, sans essayer de conserver I terrain conquis. Nous avions abattu treize hélicopteres ou avions, fait prisonniers 100 soldats afghans et en avions tu ou blessé a peu près 1.500.

Notre decision de mener a Zhawar une bataille defensive conven tionnelle fut grandement critiquée. On nous accusa d’avoir violé les prin cipes de Ia guerre de partisans. Ainsi que je l’ai expliqué précédemment, nous avions de solides raisons pour transformer Zhawar et Ali Khe en places fortes et pour les défendre en cas d’attaque. La conduite de Ia guer re dépendait tie ces tremplins opérationnels et logistiques. Apres La bataille de Zhawar, nous rebâtImes Ia base et continuâmes a lutiliser durant tout le reste de Ia campagne. Ce flit Zhawar qui impressionna tel lement M. Wilson lorsque je l’emmenai la-bas un an pius tard. Autant que je sache, elle constitue toujours une partie essentielle de Ia strategic militaire des Moudjahidins.

Je ne veux pas dire par là que nous navions pas reçu un coup sev sur le plan tactique. C’est certain, mais Il nétait pas aussi sérieux que nous Ic pensions alors. je suis sôr que les Moudjahidins auraient repoussé tous les assauts avec mo de pertes 51 deux questions avaient Se reso lues auparavant. En premier lieu, si les commandants avaient bâti leurs defenses convenablement, sils s’étaient protégés contre les attaques aériennes et sils avaient creusé avec enthousiasme durant les semaines precedentes, les Moudjahidins n’auraient pas reçu une telle raclee. Deuxièmemenr, et Ce qui est plus important, si les Etats-Unis et I Pakistan navaient pas fait trainer les choses durant tellement dannCes
pour nous fournir une arme antiaérienne efficace, nous aurions certaine roent repoussé lattaque assez facilement. Les Moudjahidins, bien recran chCs a Zhawar avec le Stinger, auraient ete imbartables. Je nai aucun doute là-dessus.