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"La more de Zia est certainement un acte de
Dieu’Benazir Bhutto, Filie du Destin, 1988
Laccident
Lorsque l’avion de transport peint en
camouflage C 130 de larmee de lair palcistanaise percuta le sol,
il le fit sous un angle de 65 degrés. Il éraic en pente
positive, ailerons au neutre, volets et (rain d’atterrissage
rentrés et verrouilIés, ses quatre moteurs fonctionnant
normalement, L’impact cut lieu a 190 n (environ 350 km/h). Trés
vite, une moos trueuse boule de E orangCe I’embrasa au moment
oji les reservoirs explo s’erent. Les deux montres du cockpit,
comme on Ic vit plus tard, mar quaient exactement 15h51, par unc
journCe claire et lumineuse, quciques kilometres au nord de La
ville de garnison de Bahawalpur. II avait décolle précisément
cinq minutes plus tot pour un vol de 70 minutes pour Islamabad.
Après deux minutes de terreur, tous bord eurent Ic miséri
cordieux soulagement de tomber dans le néant instantance.
Cela Se passait Ic 17 aoüt 1988. Quelques
instants plus tot, Hafiz Taj Mohammad, qui se rendait a son
champ près du village de Dhok Kamal, proche de Ia rivière Sutiej,
a une quinzaine de kilomètres au nord de Bahawalpur, entendit ie
grondement des moteurs et regarda en lair. II vit avec
incrédulite Ic lourd appareil, qui jusque l grimpait tranquille
ment vets 5000 pieds, piquer soudain du nez directement vers le
sol avant de redresser a nouveau comme par un effort surhumain.
Puis, comme sil avait finalement perdu sa puissance, il plongea
vers I’anéantis sement. Pour cet homme-là, en bas, il ny eut
aucune raison apparente, aucun missile, aucune explosion en
plein ciel, aucune flamme, aucune trainee de fumde, rien qui
laisse prCsager un tel desasrre.
Périrent là le general Zia-ul-Haq, Président
du Pakistan et l’homme qui aurait Pu lui succeder sil avait
survécu, Ic génCral Akhtar Abdul Rahman Khan, président du
comité inter-armes des chefs d’etat major. Les deux hommes ‘Cs
pius puissants du Pakistan avaient disparu, le chef de létat et
ihomme qui pendant huh ans, jusquen 1987, avait dirigé V Dun
seul coup, les combattants de Ia résistance afghane, les
Moudjahidins, avaient perdu leurs deux champions les plus
influents. Avaienr pe egaiement lambassadeur des Etars-Unis, M.
Arnold Raphel, qui avait été auprès du Président pendant douze
ans, et le Brigadier- General Herbert Wassom, attaché militaire
américain a Islamabad. De plus, huit gCnéraux pakistanais
étaient morts avec leurs proches colIabo rateurs, ainsi que
l’équipage — trente-et-une personnes au total.
De façon troublante, ni le Président Zia, ni
le general Akhtar n’auraienr dO Se trouver a bord de cet avion.
Tous deux avaient ete per suades, contre leur gre, dassister a
une demonstration dun char de com bat américain de type M- 1,
que les Etats-Unis souhaitalent vendre a i’armée pakistanaise.
Ce nCtait pas une manifestation qui exigeait leur presence. Une
affaire de ce genre, somme toute de faible portée, aurait du
être menée par Ic chef d’etat-major ad joint de 1armée, le
général Mirza Aslam Beg. Cétait Ia premiere fois que Zia
quittait Ia protection intensi ve de sa residence officielle
depuis guil avait demis le gouvernement du premier
ministrejunejo, trois mois auparavant.
C’est seulement Ic 14 aoflt que Zia avait
finalement cédé aux ins tances de son ancien secrCtaire
militaire, attaché militaire a Washington, le Major-General
Mehmood Durrani, qui commandait alors Ia division blindée.
Celui-ci insista sur I (alt que Ia presence du Président était
sou haitable sur Ic plan diplomatique et qu’ellc donnerait un
poids supple mentaire a Ia délégation pakistanaise. Aprés tout,
Zia avait conserve La fonction de chef d’etat-major de larmee.
Contre son premier jugement, i accepta de participer.
De façon similaire, Ic general Akhrar navait
pas encore, douze heures auparavant, lintention daller Bahawa 11
changea didée après les coups de téléphone persistants dun
ancien directeur de 1181 celui-ci insistait, disant que Zia
était sur Ic point de faire quelques chan gements, sujets a
controverse, dans Ia hiCrarchie militaire, et quAkhtar devrait
en étre tenu au courant. Akhtar consulta le Président, demandant
a Ic rencontrer rapidement. Zia, qui était sur Ic point de
senvoler pour aller assisrer a Ia demonstration du char, suggéra
a Akhtar de laccompa gner ai qu’ils puissent discuter de leurs
afEires dans lavion. Leur des- tin Ctait scellé.
L’indicatif de lavion du Président était PAK
1, mais lapparcil qu’il devait uriliser n’était choisi que très
peu de temps avant le vol. Habitue! lement, deux des C-l30
stationnés ha base aérienne militaire de Chaklala, a quelques
kilometres dIslamabad, étaienr sélectionnes. Puis, une fois Ia
decision prise, Ia capsule spCciale pour passagers VIP pouvait
être placCe dans lavion et arrirnée peu de temps avant le
decollage. Cétait une cabine de metal et de contre-plaquC de 7m
de long par 2 de large, pesant 2,5 tonnes, qui était aménagCe
pour donner un certain confort (comprenant un système
independanr de climatisation et de lumière) a un avion notoire
ment inconfortable. Le second avion, PAK 2, devait suivre PAK 1,
en cas de necessité de remplacement. 11 existait une procedure
de sCcurité pour Ia mise en place des deux avions avant le
depart. Une difficulté Se présenta pour cc vol. La pAste de
Bahawalpur était courte et ne pouvait recevoir quun seul C-130,
en sorte que PAK 2 devrait atrerrir 150 kilometres plus loin, ‘a
Sargodha. Une fois que le Président cut quitté Chak i ne Iui
était donc plus possible de changer davion.
Il y avait toutefois deux autres avions plus
petits sur le terrain. L’un était le Cessna dont Ia fonction
était de survoler le voisinage du ter rain comme precaution
contre déventuels missiles terroristes. Cétait une pratique qui
existait depuis une infructueuse attaque de missiles six ans
plus tôt. L’autre était l’avion de huit places du général Beg
quA, en tant quhôte officiel, devait Se trouver ‘a lavance a
Bahawalpur pour Ia demonstration. Le petit jet de l’attaché
miliraire américain, qui devait ramener celui-ci dans Ic sud
avec lambassadeur, devait êrre scationné I Multan. Si l’accident
résultait dun sabotage, les deux AmCricains ne ronstituaient pas
des cibles.
La demonstration elle-mérne, en presence de
tant de galonnés de iarmée, fiat un fiasco pour les Américains.
Le char Abrarns tant vanté tie parvint pas a obtenir beaucoup de
succès et Ic milliard de dollars sévapo ra dans Ia chaleur
Ctouffànte.
Tandis que le président et les officiers
génCraux déjeunaient mess des officiers, PAK 1 stationnaic sur I
tarmac, rôtissant au soleil. Une sentinelle était de faction
aurour de I’avion, mais comme on avait remarqué un petit défaut
sur une porte de chargement, les sept techni dens de lCquipage
travaillaient dessus. Le pilote, le Wing Commander Mash’hood
1-lassan, qui avait etC personnellement choisi par Zia, revint
‘a l’avion, en avance sur les passagers, avec le co-pilote, le
navigateur et I mécanicien, pour Ia visite pré-vol. Ces quatre
hommes se trouvaient en haut dans Ia cabine de pilotage qui
était sCparCe de la cabine VIP par une porte étroite au sommet
de trois marches, sur le côté gauche de lappareil.
Zia arriva avec sa suite vers 15h30 et
s’agenouilla vers La Mecque avant de prendre congé. I avait
persuade les deux officiels américains de Se joindre a lui pour
le vol de retour. lis le firent sans aucune gene apparente. Le
général Beg s’excusa auprès du Président lorsque celui-ci essaya
de le convaincre dembarquer sur PAK 1. 11 préféra prendre son
propre avion car ii avait du travail a poursuivre a Lahore.
Cétait une habitude connue de Zia de voyager en avion avec le
plus possible de hauts gradS ou d’officiels pour minimiser les
risques dun complot. Peu de temps avant le depart, deux cageots
de mangues furent apportés pour les VIP on les logea a larrière
sans verification, avec une caisse conrenant des maquettes de
char.
Dans Ia cabine VIP, ceintures attachées, sur
le sofa et les confor tables fauteuils Se trouvaient Zia,
Akhtar, Afzaal (chef d’etat—major), Raphel, Wassom et le
secrétaire militaire du President, le Brigadier Ge neral Najib
Ahmed. Zia, Eaphel et Akhtar éraient assis core a côte din de
pouvoir bavarder durant le vo!, bien que Ia conversation soit
difficile sur I C 130 qui est un avion excessivement bruyant. A
l5h46, PAK I decolla, après que le Cessna de Ia sécuritC aft
signalé qu’il ny avait rien de suspect aux alenrours. Dans ‘a
cabine de pilorage Ia procedure de d Se passa sans histoire, en
communication claire avec Ia tour de contrôle. Le flit que
l’avion ne possédait ni boite noire denregistrement de vol, 01
magnétophone de cockpit fut censure plus rard, mais au moment du
décollage, personne de léquipage ou des passagers ne fit Ia
moindre allusion pouvant faire penser a Ia catastrophe qui Se
produisir deux ou trois minutes plus tard. Mash’hood donna par
radio son heute d’arrivee a Islamabad pendant que lavion gagnait
de la hauteur et corn mençah a virer pour prendre son cap.
Au sol, Ic pilote du génCral Beg Se préparait
a décoller a Sargodha, PAK 2 étair en lair, comme Ic Cessna. us
étaient sur Ia même frequence radio que PAK 1, de sorte quils
entendirent le contrôleur au sol demander PAK 1 sa position
estimée, ainsi que Ia rCponse Stand by’ (Un moment”). Puis plus
rien, pas d’appel de dérresse, le silence total, en dépit des
appels de plus en plus frenetiques de Ia tour de contrO I Se
rendant compre que quelque chose nallair pas.
Pour les passagers, Ihorreur du piqué avec
l’estomac noué, les corps comprimCs par Ia ceinture de sécurité
sans pouvoir bouget dans le hurlement ininterrompu des moteurs,
dut être indescriptible. Puis, le soulagement soudain, un peu
fligace, lorsque l’avion semblait Se rétablir et reprendre de Ia
hauteur, avec les occupants chahutCs dans le sens oppo sé ou
coincés au fond de leur siege. Mais finalement, un dernier
plongeon terrifiant quand PAK 1 cessa de lurter contre Ia mort.
Les coupabies
En termes juridiques, cétait un accident ou
un assassinat. Lorsque Ia nouvelle eclata, les chances de
trouver un seul Pakistanais qui croit a an accident étaient dune
contre un million. Zia était un homme qui avait je ne sais
combien dennemis. II y avait cu au mo six tentatives prCcedentes
pour lassassiner, y compris au moyen dun missile qul avait faith
abattre son avion. Ses plus irreductibles opposants au Pakistan
étaient Ia famille Bhutto. Zia avait, malgré les clameurs
dindignation internationales demandant une commutation, confirmé
la sentence de mo concernant Ic père du premier ministre d’ators,
Benazir Bhutto — l’homme gui, en tant que premier ministre lui-meme,
avait personnel lement promu Zia, a l’epoque le plus jeune
lieutenant-genera), a Ia tête de létat-major, en passant par-dessus
ses sup&ieurs. Zulfikar All Bhutto avait pris là une decision
quil devait payer de sa vie trois ans plus tard. La 4 avril 1979
ii fut pendu dans La prison de Rawalpindi. Après cela, Ia soil
de vengeance de cette famille fiit irréductible. Zia fit
emprisonner Benazir Bhutto ainsi que sa mere, interdit le parti
polirique de Bhurto et poursuivit par contumace pour crimes
aggravés ses fils, Shah Nawaz et Mir Murtaza. En exil, Mit
Murtaza organisa un groupe terroriste contre Zia, appel Al-Zulfikar
(he glaive), a Kaboul oü ii partagealt he pouvoir avec le PLO. D
là, et de Damas, ii entreprit une campagne dassassinats et de
sabotages, dont ‘a prise en otage dun avion des Pakistan Inter
national Airlines en 1981. Ensuite, en 1985, Shah Nawaz trouva
une mort penible a Paris en de sinistres circonstances, Ia
rumeur pretendant quit aurait été empoisonné par des agents de
Zia. II existait, et existe encore, une haine implacable entre
ces deux families. Benazir Bhutto pro clama gue laccident Ctait
un acte de Dieu”, avant de gagner les élec dons genérales trois
mois après, devcnant Ia premi femme premier ministre au
Pakistan.
Zia était un militaire qui, de méme qu’Akhtar,
avait fiuit parric de Ia dernière promotion de lAcadCmie
militaire indienne, juste avant Ia partition de l en 1947. Une
fois entré en politique, i disait fré quemment pour Se vanter
que l’armée était sa circonscription électora et il conserva
jusqu’au bout le poste de chef d que Bhutto lui avait donné.
Mais même dans l’armée il avait pen damis. II acquit rapidement
une mystérieuse habileté pour déceler les rivaux potentiels pour
le pouvoir. Ii les écartait de Ia scene en les congCdiant ou en
les mutant dans des postes suffisamment éloignés du centre
politique dislamabad. Son seul r en tant que chef d’etat-major,
a eté de contrô i Its promotions et les mutations de tous les
officiers a partir du grade de major-general. De nombreux
responsables militaires mécontents Se réjouirent secrCtement de
la mo de Zia.
Les assassins possibles n’étaient pas
uniquement des Pakistanais. Depuis clue Zia avah soutenu les
Moudjahidins dans leur lutte contre les Sovietiques et leurs
allies afghans, le Pakistan avait et inonde dagents du KHAD
acharnes a saper son gouvernement au moyen dattentats ter
roristes contre des civils. Le KI-TAD est lorganisation afghane
de police secrete, entrainée et conseillCe par le KGB. Le
premier sur la liste de ses cibles Ctait le président Zia, suivi
de près par le g Akhtar. Les Soviériques se rerirèrent
d’Afghanistan uniquement parce que Zia avait donnC asile aux
Moudjahidins et sue, durant neuf années, ii les avait armS,
entralnCs et conseilles, dans une guerilla sanglante qui avait
coütC plus de 13000 morts aux militaires russes. L’URSS
reprochait au Pakistan de continuer a encourager et a soutenir
les Moudjahidins dans leurs attaques durant Ia retraite russe,
qui Ctait a demi achevCe au moment de laccident. Elle avait Cte
si loin dans ses avertissements au Pakistan, par le truchement
de l’ambassadeur amCricain a Moscou, queue avait certainement
lituencion de donner une leçon a Zia.
Et puis, H y avait linde. Les Pakistanais et
les indiens s’étaient massacres mutuellement en trois occasions
distinctes, en 1947, 1965 et 1971. Le premier ministre de linde,
Rajiv Gandhi, Cult convaincu que Zia fournissait des armes aux
terroristes Sikhs. Ceux-ci avaient assassinC sa mere, et ii y
avait a cetre Cpoque plusieurs milliers dinsurgCs sikhs actifs
en mdc. Zia Salt accuse de frequenter leurs chefs c de donner
refu ge cc entraInement a leurs guerilleros 5Uf Ic territoire
pakisranais. Pour s’opposer a cela, Delhi avait mis en place une
section spCciale de son Ser vice de renseignements, pour
soccuper uniquement du Pakistan, donc I nom de camouflage Ctait
RAW, Research and Anaiysis Wing (Section de Recherche cc
d’Analyse).
Le gouvernement des Etats-Unis, iui-même,
avait verse peu de larmes vCritables sur Ia mort de Zia. Le
Département d Ctait convaincu que Zia avait perdu sa raison
d’etre. Maintenant que les SoviCtiques quittaient IAfghanistan,
Ia derniêre chose que souhaitaient les Etats-Unis Ctait de voir
le pouvoir communiste a Kaboul remplace par un régime islamique
fondamentaliste. Les dirigeants amCricains Ctaient persuades que
cCtait I but de Zia. Scion eux, son rêve Ctait un bloc isiamique
setendant de l’Iran au Pakistan en passant par i’Afgha nistan,
incluant mEme peut-Erre les provinces soviCtiques uzbeque, turco
mane Ct tadjique. Pour le Département d’Etat, une telle zone
immense, coiorCe en vert sur Ia carte, Crait pire que
l’Afghanistan coloré en rouge.
Le jour même du dCsastre, 1 chef d’etat-major
de I’armCe de lair pakistanaise ordonna qiae soit misc en place
une commission d’enquête pour rechercher les circonstances de
laccident, évaluer les dommages et les coors, prendre des
sanctions (si nécessaire) et faire des recommanda tions pour
éviter des fairs semblables I lavenir. LAir Commodore Abbas
Mirza Ia présida, assisté de trois autres officiers supérieurs
de La PAF : Pakistan Air Force (armée de lair pakisranaise). Six
officiers de lUS Air Force furent envoyés rapidement dEurope
pour Se joindre a Ia commis sion afin dapporter leur concours
technique en tant que conseillers et experts. us étaient diriges
par le colonel Daniel Sowada.
La commision Se réunit pendant deux mois et
examina les faits minutieusement. On interrogea les témoins,
tandis que Ion soumit aux tests de laboratoire Ia cellule de
l’avion, les instruments, les moteurs, les hélices et les
commandes, aussi bien an Pakistan quaux Etats-Unis en pleine
cooperation avec Lockheed, constructeur de lappareil. On elimina
une une avec un soin méticuleux les causes possibles de
laccident. On écarta les aptitudes de léquipage, Ia fatigue et
le stress II ny avait pas eu derreur de pilotage. La cause ne
pouvait être I mauvais remps, pas plus que le carburant polluC.
Aucun incendie ne sétait déclaré a bord avant limpact lavion
était en parfait état au moment oü ii avair percuté le sot il ny
avait pas trace de fatigue de metal les moteur et les hélices
fonctionnaient normalement, de même que le circuit hydraulique,
le materiel électrique er les cables de controle. On ne trouva
pas preuve dune explosion intense a I’intCrieur. Enfin, aucun
missile ou roquette n’avait été utilisé pour abattre lappareil.
Conclusion inevitable — un acte criminel de sabotage avait tue
trente-et-une personnes.
L’opinion de Ia commission fut que, dans le
cockpit, l’equipage avait été instanranément frappé dincapacité
par un gaz paralysant. La presence dun gaz inodore et incolore
navait pas du inquiéter lequipage qui, de ce fair, navait pas
mis les casques et les masques a oxygène. Ii flit établi quaucun
membre dequipage ne portait un casque au moment de I’impact. La
commission suggCra qu’un tel agent chimique pouvait avoir été
emballé dans un petit paquer inoffensif, tel quune boite de
conserve de boisson, une bouteille thermos ou un paquer de
cadeau, et introduit a bord sans éveiller les soupçons.
I1 ne flit pas possible didentifier le type
de gaz utilisé car “aucune autopsie dun membre du personnel
navigant ne fiat pratiquée”. Seul, le corps du brigadier Wassom
flit examine avant que les autorités de l’hopi ral de Bahawalpur
n’aient reçu l’ordre de ne pratiquer aucune autopsie. Ii Se
trouvait dans Ia cabine VIP, pas dans le cockpit, et tout ce que
Ion put conclure fin quil navait reçu aucune blessure d’aucune
explosion avant l’impact. II navait pas non plus respire de
fumées toxiques, comme cela aurait été le cas si y avait cu le
feu rd avant I choc. Les instructions pour ne pas pratiquer
dautopsies parurent choquantes, car cétait Ia pro- cédure
habituelle. On declara plus tard que tous les corps avaient éte
compl détruits par Ic feu rendant les autopsies impossibles.
Quand Ia famille du genera! Akhrar voulut volt son corps avant
linhu- mation, on le lui refusa, pour Ia raison qu’i! avait été
totalement desinté- gr et qu’i! nen restait plus rien.
Cette raison ne fut pas prise au sérieux. Les
témoins Se trouvant sut le lieu du sinistre racontèrent qu’alors
que les passagers a larriere de lappareil étaient presque
entièrement informes, c n’était Ic cas ni des officiers
supérieurs clans Ia cabine VIP, ni de léquipage clans le
cockpit. C’est Ia raison pour laquelle le corps de Wassom
nechappa pas a un exa- men approfondi. On retrouva le Coran de
Zia, carbonise mais f reconnaissable, ainsi que Ia casquette
d’Akhrar, en même temps que son carnet personnel, avec son &usson
et les mots Chairman JCSC” encore clairement lisibles. Un
foncrionnaire américain du declarer que Ion ne pourrait pas
disposer des corps pour autopsie a cause de Ia coutume musulmane
qui exige que linhumation aft lieu dans les 24 heures. Bien que
cela soit vrai clans des circonstances normales, cent exigence
nest jamais respectée pour le personnel en service le fait que
les services medicaux de Ihôpital de Bahawalpur aient
automatiquement pris les mesures nécessaires pour proceder aux
autopsies en est bien Ia preuve.
La commission ne possédait pas de membre
qualifle pour entre- prendre une enquête criminelle mais elle
déclara que bien que lo air délivré 31 certificats de décès, on
n’avait pas compté physiquement les corps, ni sur lépave, ni a
l’hôpital. On ne pouvait eliminer Ia possibilité que quelqu’un
nait pas embarqué bord de l’apparei! a Bahawalpur’.
Bien que lISt fur chargé d’enquêter des Ic
debut, ses efforts appa- rurent comme très peu convaincants. Les
services du personnel a Bahawalpur furent surpris de navoir pas
ete soumis a un interrogatoire sérieux. La découverte du meurtre
dun policier dans les environs tout proches ne donna pas lieu a
une investigation réussie, alors que les efforts des enquêteurs
pour arracher des aveux au pilote ‘ PAK 2 parurent bizarres
autant quinefficaces. Lassassinat recent dun chef chute avait
été mis par ses partisans sur le compte de Zia. Le pilote de PAK
2 et le co- pilote ‘ PAK 1, Ic Flight Lieutenant Sajid, étaient
tous deux chutes partant ‘ là on suggéra que Ic pilote de PAK 2
avait persuade Sajid de percuter délibérément lavion dans une
mission suicide. Ce nest que lorsque Ia commission d’enquête
démontra quune telle action aurait écé physiquement impossible
que Ion relâcha linfortuné pilote.
C’était donc bien un assassinar collectif. La
commission mit I doigt sur Ia méthode Ia plus probable, bien que
les coupables demeuras sent inconnus. Comme ii a été dit
précédemment, beaucoup de gens, d’organismes et même de nations
possédaient de puissants motifs person nels ou politiques pour
souhaiter léliminarion de Zia. Tout Ce qui vient d’être dCcrit
reprCsente les faits tels que j’ai etC capable de les contrôler
ce qui va suivre représente mes propres commentaires sur Ia
manière dont its ont Pu Se produire.
En premier lieu, je serai d’accord sur Ic
point parfois souligné que Its violents mouvements de montagnes
russes de l’avion indiquent une derniere tentative desespCree de
quelqu’un cherchant a récupérer I controle de lappareil. Sit
s’Ctait agi d’un membre de l’équipage, celui-ci aurait
certainement émis un message de dCtresse par radio, mais cc fut
le silence absolu. AssurCment l’Cquipage Ctait hors d’etat dagir.
Après quoi, on suggéra que Ia voix du Brigadier Najib Ahmed
avait etC entendue appelant It commandant et quit sCtait faufilé
dans le cockpit do ses cris avaient etC reçus par Ia radio parce
que Ia main du pilote serrait enco re Ia manette du micro. Une
variante de cette théorie voudrait que Najib aft effectivement
cherchC I piloter lavion. Je crois que cest un non-sens. Des que
PAK 1 sest trouvC désemparC, ii Ctait physiquement impossible a
quiconque de quitter son siege, de Se hisser vers lavant, de
grimper les marches, d’ouvrir Ia porte et de pénétrer dans It
cockpit. En fin de comp te, it fly a aucune mention de quelqu’un
entendant Ia voix de Ahmed dans It rapport de Ia commission
d’enquête. Si cCtait Ic cas, on laurait sürement mentionnC la.
Le cabrC et Ic piqué dCsordonnCs ont une autre explication.
Selon un expert des Lockeed C 130, Ce type davion sans controle
devient brusquement cabreur, mais un stabilisateur sur Ia gou
Verne de profondeur, inversant le mouvement, le met
immédiatement en piquC. L’avion corrige alors a nouveau en sens
inverse. Ceci pourrait Se produire plusieurs fois avant de
percuter It sol. Le terme technique pour cette sequence est ‘phugoid’.
Je crois que le but premier Crah dassassiner
Zia. Le plan original peut avoir et d’assassiner aussi Alchtar
en même temps mais j’en doute. Cela aurait etC vraiment trop
demander que de pouvoir les tuer ensemble. Akhtar Ctait dCtestC
par beaucoup dofficiers supCrieurs, il Crait dans les premiers
sur Ia liste du KHAD, et beaucoup pensaient quil Ctait prêt a
prendre Ia place de Zia en cas de disparition de celui-ci.
Peut-être que Ic fait de le faire embarquer sur PAK 1 cet
apres-midi-là faisait partie du complot mais dans ce cas ce dut
être un arrangement de derniere minute. En fin de compte, je
pense que sa mort a Se probablement considerS comme un benefice
supplémentaire pour les assassins.
L’accident davion a été certainement choisi
comme moyen parce que les preuves pour incriminer les Cventuels
Conspirateurs survivants seraient minimales, même si Ctait
établi plus tard quil s’agissait dun sabotage. Lutilisation dun
gaz empoisonné ultra-sophistiqué, capable deliminer
simultanément quatre membres déquipage, implique Ia parti
cipation dun service secret, au moms. Le probl’eme était Ia
provenance de c gaz. Le Pakistan ne pouvait pas en avoir, mais
le KGB et Ia CIA étaient certainement capables de sen procurer.
Le KHAD, comme Ic RAW, pouvaient tous deux l’obtenir par ‘curs
Contacts avec les Sovié tiques. Si les conspirateurs faisaienr
partie des militaires pakistanais i est concevable que Ia CIA
aurait Pu I leur fournir, peut-être pour un autre usage.
La participation des militaires pakistanais
est par ailleurs haute ment probable, sans doute aux echelons
subalternes autant qu’aux éche Ions supCrieurs. Ni Ic KGB, nile
KHAD ou Ic RAW n’auraient pu arré ter les autopsies dans un
hôpital militaire. Avec une participation des militaires, II
devenait relativement simple dobtenir Ic plan de vol de l’avion
du President, comme les mesures de sécurité sur les terrains et
les details du disposirifà bo dun avion.
Les conspirateurs ont do desespCrer car les
semaines passaient sans que Zia montre aucune envie dutiliser
son avion. La demonstration du char de combat nétait pas de
nature ‘a l’intéresser sans une pression consi derable et a do
probablement étre employee en dernier ressort. La diffi culté
était de I convaincre dy aller sans eveiller ses soupçons. Ii
est tout a fait possible que quelqu’un ait convaincu I général
Durrani, comman dant Ia division blindCe, que la participation
de Zia ajouterait beaucoup dimportance ‘a levénement et que cela
ne pourrait que servir ses propres intCrêts. Son succès
subsequent a inciter Ic Président ‘a sy rendre peut avoir été
entièrement innocent.
Nous devons presumer quon sétait déjà procure
Ic dispositif du gaz mortel pendant quon attendait une occasion
favorable et que Ia per sonne desrinée ‘a I metrre en place
avait déjà reçu ses instructions. Cétait indubirablement un
militaire probablement un technicien de FarmS de lair,
appartenant peut-érre, si ma deduction en correcte, ‘a lEscadron
n 6 de Ia PAF. Cest lunité qui met en uvre les avions de
transport C 130 au depart de Chakiala, ‘a quelques kilom au sud
dIslamabad. II a fallu prendre une decision sur Ic lieu oti Ion
introduirait Ic gaz. Une fois confirmé IC Vol de Zia pour
Bahawalpur, Ic choix ne pouvait être que cette ville ou Chak
lorsque Ion connaitrait sans aucun doute lappa reil désign comme
PAK 1.
La plupart des theories penchent pour une
misc en place du disposi tif meutrier a Bahawalpur, mais je
crois plus probable quelle alt eu lieu a Chakiala. Aucun
personnel de l’armée de lair ne devait Se trouver a Bahawalpur,
hormis les membres de l’équipage er aucun d’eux ne laurait fait
— a moms de vouloir Se sacrifier avec lavion. Comment les
conspira teurs auraienr-ils pu être certains qu’un miliraire
pourrait accéder a l’avion garde ? Le dispositif devair &re
place dans le cockpit, Ce qui impliquait de grimper les marches,
de passer I porte er dentrer dans Ia cabine de pilora ge. Cerait
absolument impossible pour un soldat et ne Se produisir cerrai
nement pas non plus a Ia faveur de Ia livraison des mangues.
Peut-&re les membres déquipage qui travaillaient sur Ia porte du
cargo ? Mais ils devaient reprendre le vol pour Islamabad. Ni
eux, ni Ia sentinelle nauralent permis a un militaire ou a un
civil dentrer dans lavion, et ne !auraient laissé seul grimper
jusque dans Ic cockpit. Je ne pourrais pas jurer que cc ne flit
pas fait a Bahawalpur, mais dans ce cas, c’Ctair une opé ration
terriblement risquCe, avec trés peu de chances de réussite.
A Chaklala, un service secret avait bien plus
de possibilitCs d’infil trer un membre permanent de l’armee de
lair. L’accCs aux C 130 faisair partie des fonctions
quotidiennes du personnel technique dentrerien. Une occasion
parfaite Ctait l’introduction de Ia capsule VIP dans PAK 1. File
identiflait lappareil er, avec le remue-mCnage occasionnC par sa
fixa tion au plancher et par les controles prC-vol, personne
n’aurait questionné quelquun allant dans I cockpit, peut-être
pour remplacer un extincteur ou insCrer I dispositif dans une
prise dair. Si le sabotage Salt fait a Chaklala, ii nécessitait
en outre deux dispositifs supplémentaires pour le neutraliser
provisoirement — une horloge et un alrimèrre. L’horloge devait
être positionnée pour acriver I’altimetre. II suffisait que
l’horloge fonctionne durant quatre heures cela laissait un dClal
dune heure avant Ic décollage, Ic vol dune heure lui-même, puis,
pendant que PAK 1 sta tionnait a Bahawalpur, l’altimètre était
armC. II Ic fallait pour quc l’avion grimpe jusqu’à l’altitude
prCvue oà le gaz mortel séchapperait alors dans Ic cockpit. Si
le sabotage sétait opCré a Chaklala, II avait fallu utiliser un
dispositif a double détente aucrement, PAK 1 Se serait écrasé
peu de temps après le dCcollage et on aurait immédiatement
soupçonnC le per sonnel de Ia base aCrienne.
Le complot foncrionna de façon parfaite,
exceptCe une calamiré majeure lambassadeur des Etats—Unis et
lattaché militaire périrenr rous deux. 11 est certain que, quel
que soit linstigateur de ce mulriple assassi nat, son intention
n’était pas de voir figurer ces deux personnalités amen caines
parmi les victimes. II ny avait aucun moyen de prCvoir que Zia
aliait les inviter a Jaccompagner a La dernière minute pour son
voyage de retour. Les conspirateurs durent être épouvantés. us
al!aient au devant de Ia plus minutieuse, Ia plus profonde et Ia
plus vaste enquête qui, sans nul doute, allait découvrir leur
identitC. Cecte enquêre neut jamais lieu. La derniere phase de
cet acte terroriste sans merci fur lécran de fiimee dresse par
les Ecats-Unis.
L’écran de fuméc
Le Departement d’Etat aurait de loin preferC
un accident, quelque erreur technique, une faute de pilotage,
n’importe quoi plutot qu’un sabotage. S’iI y avair eu meurtre de
deux oftlciels de haut-rang des Erats Unis, Ic public amCricain
allait s’attendre, et même exiger de connaitre les coupables.
Pour un acte de terrorisme aussi ourrageux ‘Cs cr dindi gnation
contre ses auceurs seraient puissants et de longue durée. Le gou
vernement serah probablement impuissant a faire taire les
clameurs demandant vengeance. Selon l’origine des auteurs de
l’attenrat, rendre celle-ci publique pourrait signifier Ia ruine
des objectifs politiques amen cams dans cette zone, ou même
ailleurs dans le monde.
En supposant que le KGB, ou ses suppôts du
KHAD, soient res ponsables, comment les efforts déployes en
faveur de la bonne volonté entre lEst et l’Ouest
résisteraient-ils a Ia révélation dune URSS organi sanE des
assassinats collectifs, ou le meurtre dun chef d’Etat ? Comment
les Etats-Unis pourraient-ils eviter une immense explosion
d’hostilité entre eux et l’URSS ? Les Soviétiques, qui Se
retiraient d’Afghanistan, feraient crès certainement marche
arnière. Se crouver contraint de mettre Moscou en accusation
était une perspective effrayante.
Pareillement, It dilemme érait presque aussi
sérieux si les conspira teurs étaient des militaires pakistanais.
Si I’enquéce découvrait une clique de généraux anti-Zia, le
peuple aménicain serait outrage qu’après toutes ces années de
soutien massif aux forces armCes pakistanaises et aux
Moudjahidins, its en arnivent a assassiner Un ambassadeur et un
bnAa dier-general américains. 11 serait futile de dire qu’ils
nen avaient pas eu lintention Les relations
americano-pakistanaises s’écrouleraient. L’aide serait réduite,
les militaires seraient obliges de prolonger le régime prési
denriel, on abandonnerait Ia perspective des elections
démocratiques pré vues pour novembre, cc avec dIes lespoir dun
premier ministre modéré plus acceptable en Ia personne de
Benazir Bhutto. Comme je l’ai déjà dic plus haut, les Etats-Unis
n’étaient pas fkhés de la fin de Zia. Le Dépar cement d était
heureux de vain les Sovietiques hors d’Afghanistan, mais
décidément depite de l’arrivée vraisemblable au pouvoir a Kaboul,
comme ii le supputair, des fondamentalistes soutenus par Zia.
Comme de Ia determination de celui-ci de posséder larme atomique.
Vets Ia mi- 1988, pour ies Americains, Zia était a mettre pluttt
dans le passif que dans l’actif.
Bien quinvtaisembtable, on pouvait concevoir
que quelque faction politique mineure, ou quelque gnoupe
terroriste, comme At-Zulfikar, aft accompti limpossible, dune
manière ou dune autre. Mais on n’était pas du tout certain, une
lois entamée une enquête sérieuse, quune vermine importune
n’émergerait pas de Ia marmite quand on en aunait retire I
couvercie’. Témoignant devant le sous-comité cniminel judiciaire
de Ia Chambre des Représentants, en juin 1989, te
Secrétaire-adjoint de Ia Defense, Richard Armitage, justifia le
manque d’investigations sénieuses dans le sabotage en proclamant
(nous étions) en train, avec beaucoup desperance, dentrainer te
Pakistan sur une voie plus dCmocratique... Les mititaires du
Pakistan, ainsi que leur présidence, venant juste d’ere déca
pités, nous avions très peur qu’il puisse y avoir une rechute’.
En dautres termes, its étaient prêts a tirer un trait sur tes
meurtres de l’ambassadeur Raphel et du brigadier-general Wassom
Si cela “empéchait te bateau d’être batlotté”
Aucune de ces elucubrations n’aurait été
nécessaire si aucun Américain navait été tue — particulierement
de telles personnalités. Toute laffaire Se compliquait du lait
que, justement a une date mute proche, en 1986, Le Congrès avair
vote une lol qui donnait au FBI I droit, en fait le devoir,
d’enquêter sur tous les aces terroristes commis a técranger qui
imp une attaque contre des citoyens aménicains. On Ia nomme
souvent Ia toi du Bras Long”
Le Département d’Etat fit, immediatement
après “accident, quatre choses qui, mutes réunies, mènent
infaillibtement a un écran de lumée. Premièrement, dans les
heures qui suivirent, il envoya une équipe de conseitlers de
lAir Force, composée uniquemenc de techniciens, pour aider le
comité de Ia PAF dans son enquête. Deuxièmement, ii ninsista
pas, par t’intermediaire de son ambassade, pour que Ion pratique
l’autop sie des victimes, en particulier de téquipage, mais au
contraire II permit quon procede I leur incineration, sachant
que Ia preuve essentielle de Ia manière dont s’était produit
!‘accident serait brQl du même coup. Troisiemement, it envoya un
conseiller de Ia Sécurité nationate, Robert Oakley, pour
reprendre le poste de Raphel. On pouvait compter sur Iui pour
s’asseoir sur le couverc de Ia marmite. Plus rand, en juin 1989,
ce déclara I un sous-comité hautement sceptique que, lorsqu’il
avait assiscé a Ia reunion du Conseil National de SEcurité qui
devait decider de Ia réponse américaine au sujet de laccident,
il avait simplement oublié I’existence de Ia Loi du Bras Long.
Et ce, malgré le lait quil avait per- sonnellement bataillé dur
pour queue soit votée. Quatriemement, et Ic plus important, le
Département d’Etat s’opposa a Ia demande du FBI d’aller au
Pakistan. Oliver Revel!, directeur-adjoint du FBI, avait deman
dé l’autorisation, qu’on lui avait donnée verbalement Ic 21
aoftt, mais quf lui fiat retiree dans !es heures qui suivirent —
probablement sur les ins tructions d’Oakley qui Se trouvait
alors a Islamabad.
Le général Beg, qui venait juste d’eviter tie
pent avec son prési dent, avait survolé dans son propre avion !‘épave
en flammes avant de rentrer tout droit a Is!amabad. Là, les
troupes furent mises en alerte, les points sensibles protégés et
Ion provoqua Ia reunion dun cabinet tie crise. Mais celui-ci ne
comprenait plus de militaires. Beg accepta immé diatement d’être
promu a !ancien poste de chef d’etat-major tenu par Zia, tandis
que le président du Senat, un civil de 73 ans, Ghulam lshaq
Khan, prenait Ia tête du gouvernement inténimaire. L’élection de
novembre était en marche.
Il est presque certain que i’autorité
militaire qui s’opposa aux autopsies ne sera jamais connue, pas
plus que !es details de Ia collusion qui a dü si rapidement
intervenir entre !es autorités pakistanaises et !‘ambassade des
Etats-Unis a Islamabad. Cest seulement dix mois plus tard que Ia
pression du Congrès força Ic Département d’Etat a autoriser
trois enquêteurs du FBI a Sc rendre au Pakistan. Comme I dit
alors Bill McCoIIum (R. Eta.) “A Iheure qu’iI est, IC FBI pourra—t—il
dCcouvrir ce qui sest reellement passé au Pakistan ? Je ne sais.
Mais nous avons l’intention de découvrir Ce qui sest réellement
passé au Département d’Etat’. LCquipe du FBI manquait
apparemment d’enthousiasme pour Ia t&che. On rapporta que Ies
questions “g navaient pas eté posCes les agents ne paraissaient
pas disposes a rechercher des preuves qui met traient en
question le fait que les corps étaient trop brülés pour
permectre des autopsies, et, au cours de leur programme, qui
avait eté arrange par le gouvernement Bhutto, us semblèrent
davantage intéressés par Ia visite des curiosités que par
linterrogatoire serré des témoins. Scion une source du
Washington Times, ils nauraient quitté Islamabad que pour des
visites touristiques. Cette attitude démontre bien qu’ils
avaient des ins tructions pour ne pas faire de vagues.
Il y eut beaucoup d’hypocnisie aux places
dhonneur lots des Run railles du 20 aoüt 1988. LInde avait
envoyé son président et décidé Un deuil national, I’ambassadeur
russe déposa une gerbe avec solennité, tan dis que le Secrétaire
d’Etat américain, George Schultz, traitait Zia de martyr” et
promettait au leader fondamentaliste moudjahidin, Gulbud din
1-Iekmatyar que les Etats-IJnis feraient tout leur possible pour
assurer son succès dans Ia liberation de l’Afghanistan. Les
funérailles eurent en même temps un côté militaire et un côté
islamique. Des centaines de miiihers de Pakistanais
s’Craienr rassembles près de ‘a Mosquée dorée Faisal pour
contempier !‘arrivCe, pour ies rites ultimes, du cercucil recou
vert de fleurs, drape aux couleurs nationafes, porte par des
soldars sur epaules. Les prières fluent
suivies de Ia detonation en cadence de 21 coups de Canon.
Les trois millions de réfugiCs afghans, dans
ies camps pakistanais près de Ia frontière, furent réeilement
affligCs et saisis de sombres pres sentiments. Les Moudjahidins
ressenrirent une grande perte, Car Zia et Akhcar avaient été ies
architectes de leurs succès sur le terrain. Désormais, avec Ia
retraire soviétique er Ia victoire en vue, us aliaient avoir
besoin d’un soutien conrinu, ininterrompu, pour l’uitime pousséc
vers Kaboul. Comme va le constarer le lecteur, les Moudjahidins
furent amèrement déçus. |